Plus qu’un simple art de chasse au vol, la fauconnerie est aussi un sport ayant un nombre important d’adeptes au Maroc dans la région d’El Jadida et alentours. A partir d’un oiseau sauvage, c’est toute une tradition qui se fît bâtir par les berbères et aujourd’hui qui mérite les attentions.

Le Maroc est l’un des rares pays au monde où la protection du patrimoine historique et culturel s’avère une réalité. La politique de conservation de cette richesse léguée par les ancêtres profite au royaume dans de domaines social, politique et économique comme le cas du tourisme : un des leviers incontournable de l’économie nationale. Plusieurs sites, monuments et pratiques culturelles marocains sont, de nos jours, reconnus dans les plus précieux  registres de l’Organisation des Nations Unies pour la l’Education, la Science et la Culture (UNESCO). Tripocco s’est ainsi intéressé à cet art, sa pratique, ses acquis et son importance au Maroc ainsi qu’ailleurs dans le monde. Voilà dix choses à savoir sur l’art de la fauconnerie ou la chasse au vol.

1-Le faucon est un oiseau de chasse carnivore qui est affaité pour la chasse du gibier. C’est impressionnant, un oiseau dont on fait usage de chasseur… L’étape décisive du processus c’est d’abord la capture de l’oiseau puis son dressage.

2-Le genre de faucon le plus répandu au Maroc  est le faucon pèlerin aussi appelé localement «Bahri» et «Nebli». Il est considéré comme l’oiseau le plus rapide du monde. Il peut planer à 200m au-dessus de sa proie, plonger à 180 km/h et est capable d’atteindre une vitesse supérieure à 300km/h.

3-Au Maroc, l’art de la fauconnerie ; le tabiyazt ou encore al bayzara est pratiqué généralement par les tribus des Kwassems. Il a été conservé et pratiqué par les communautés de la province de Doukkala dans les régions d’El Jadida : essentiellement Kwassems.

4-Les artistes qui pratiquent cet art sont appelés des fauconniers. Ce sont des personnes très  douées qui partent à la chasse aux faucons : d’abord, elles doivent capturer l’animal rapace, l’affaiter (le dresser) et l’inculquer le mental de chasseur de gibier pour un propriétaire.

5-Le nom faucon est un terme vernaculaire qui ne désigne pas un seul animal. En fait, c’est un grand ensemble d’oiseaux chasseurs du genre des falco ou des espèces falconiformes. Il regroupe des oiseaux comme l’épervier, l’aigle, l’autour, la crécerelle etc.

6-Cette activité attire chaque année des milliers de touristes pour assister au festival de la fauconnerie de Doukkala. Des fauconniers berbères revigorent les participants avec la science de la fauconnerie.

7-L’art de la fauconnerie est l’héritage des migrations hilaliennes vers l’Afrique du Nord. C’est à la suite des conquêtes islamiques dans le Maghreb que les exploits du faucon sont faits remarquer aux tribus nomades et semi-nomades peuplant cette région. Dans l’échange culturel entre ces autochtones berbères et les tribus de Banu Hilal venus de la péninsule d’Arabie vers le XIIe siècle, les capacités de chasse de ces oiseaux rapaces sont découvertes par les berbères qui finissent par s’y intéresser.

8-L’art de la fauconnerie a aussi été la passion des sultans du Maroc. Très tôt au XIIe siècle, cette activité culturelle devint un véritable acquis de la tradition avec l’implication des différents sultanats s’étant succédé. De la dynastie des Almohades à celle des Alaouites, l’art de la fauconnerie finit par rentrer dans la sphère régnante.

9-Il est à noter que cet art est inscrit en tant que patrimoine mondial immatériel de l’humanité par l’UNESCO depuis le 16 novembre 2010. C’est d’une candidature conjointe du Maroc avec une dizaine de pays d’Asie, d’Europe et d’Afrique que ce pari fut gagné.

10-Le Maroc est membre de l’Association Internationale de la Fauconnerie. L’activité est pratiquée dans plusieurs pays du monde comme les Emirats Arabes Unis, l’Autriche, la Belgique, la République Tchèque, la France, l’Allemagne, la Hongrie, l’Italie, le Kazakhstan, la Corée du Sud, la Mongolie, le Pakistan, le Portugal, le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Espagne, la Syrie et même le Québec…

Pour finir, il faut ajouter qu’en dépit du fait que cet art soit un fort héritage conservé jalousement par les Kwassems du Doukkala, la fauconnerie se répand du jour au jour dans tout le royaume. A l’ère où les mots comme Marrakech, Fès, Tanger ou Agadir se confondent à celui de tourisme, les activités sportives et culturelles séduisent de nouveaux amateurs. D’où la vulgarisation de cet art aujourd’hui à Marrakech et ses alentours ainsi que d’autres pôles touristiques. L’apprentissage, les ateliers, les excursions de chasse, les spectacles aux faucons pour découvrir le secret que mettent en œuvre les Kwassems ont lieu quotidiennement dans la ville ocre.

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